le saviez-vous ? « Malformations physiques dans l’antiquité gréco-romaine »

publié le 01 juillet 2016

Dans l’antiquité gréco-romaine, le sort réservé à ceux qui naissaient avec une malformation physique était cruel : ils étaient « exposés », abandonnés dans une nature hostile, leur destin remis entre les mains des dieux. Naturellement, la quasi totalité des enfants ainsi exposés mourraient.

De nombreux écrits témoignent de ces pratiques. Plutarque, Platon, Aristote, Sophocle, ainsi que les grands mythes grecques (celui d’Oedipe en est un exemple remarquable) y font référence.

« Le père n’était pas maître d’élever l’enfant qu’il avait engendré, mais il le prenait et le portait en un lieu appelé lesché, dans lequel les plus anciens des membres de la tribu, qui y siégeaient, examinaient avec soin le jeune enfant et, s’il était bien conformé et robuste, ordonnaient de l’élever et lui attribuaient un des neuf mille lots de terre ; s’il était au contraire difforme, ils l’envoyaient en un lieu appelé Apothètes, lieu semblable à un précipice près du Taygète, dans la pensée qu’il valait mieux pour lui-même et pour la cité que ne vécût pas l’enfant qui, dès le début, n’était pas bien doué pour la bonne constitution et la force. » Vie de Lycurgue, Plutarque

En revanche, ce même monde antique se préoccupait de la destinée de ceux qui souffraient d’une infirmité acquise suite à un accident, une maladie ou des blessures de guerre. On trouve les preuves de l’existence, à l’époque classique de la cité grecque, d’une allocation pour les personnes infirmes dont les ressources étaient faibles. Cette pension, renouvelable annuellement, était accordée ou non par le Conseil d’Athènes chargé d’examiner les demandes.

Pour aller plus loin sur ces sujets, consulter les ouvrages de Marie Delcourt et Corps infirmes et sociétés d’ Henri-Jacques Sticker.