Le saviez-vous ? « Culture sourde et Langue des Signes Française »

publié le 21 septembre 2018

A l’occasion de la Journée Mondiale des Sourds, ce 23 septembre, petit point rapide et non exhaustif sur la Langue des Signes et sur la Culture Sourde.

Pourquoi une Journée Mondiale des Sourds ?

Créée en 1958 et reconnue par l’ONU dès 1959, son objectif est simple : il s’agit de sensibiliser le grand public à la culture sourde, car celle-ci est encore très méconnue. La reconnaissance officielle de la Langue des Signes elle-même n’est que très récente, comme on le verra plus loin dans l’article.

C’est pourquoi chaque année, de nombreuses associations participent à cette journée, mettent en avant par des stands et l’organisation d’événements cette culture sourde et la faire connaître au plus grand nombre. Certaines structures ont même élargi cette journée à une semaine, cette année du 15 au 23 septembre 2018, d’autres choisissent de la reporter d’une semaine pour ne pas tomber le même jour que d’autres gros événements

Bref, c’est toute la fin du mois de septembre qui met chaque année la culture sourde à l’honneur !

La Culture Sourde

Bien souvent, le grand public ne connaît que la Langue des signes, pourtant, celle-ci n’est qu’une des nombreuses facettes de la culture sourde.

On parle de culture dès lors qu’on peut recenser un ensemble de pratiques, de comportements et de règles sociales propre à un groupe, et c’est bien de cela qu’il s’agit lorsqu’on parle de culture sourde, une communauté avec des valeurs, des références et une langue qui lui sont propres ; des spectacles, des arts spécifiques tels que le chant-signe etc …

Les propositions culturelles sont nombreuses, et des boutiques par exemple valorisant et sensibilisant à cette culture voient de plus en plus le jour, à l’instar de cette librairie nouvellement ouverte à Toulouse.

La Langue des signes

Bien sûr, comme dans toute culture, la langue, la façon dont on communique les uns avec les autres, reste un élément essentiel, et crée le groupe.

Bien que ce soit ce côté de la culture sourde qui reste le plus connu du grand public, on entend certaines personnes parler de « langage » des signes. Mais la différence est très importante !
Un langage est un ensemble de sons ou de mots indépendants les uns des autres, permettant certes de communiquer mais sans avoir recours à des phrases réellement construites.
Une langue possède une grammaire, une syntaxe, un ensemble de règles, et c’est bien le cas de la Langue des Signes.

Quelques petits exemples :

La Langue des signes étant gestuelle, la position des mains dans l’espace, les expressions du visage, sont tout aussi importants que le signe effectué. C’est ce qui permet de faire comprendre qu’on pose une question, ou que l’on s’exclame, que l’on parle au présent, au futur … D’ailleurs, l’ordre des mots dans la phrase n’est pas le même que celui qu’on emploie en français : on commence en LSF par indiquer le temps, car les verbes ne se conjuguent pas.

La Langue des signes n’est donc pas un simple copié-collé du français adapté en gestes, elle répond bel et bien à ses propres codes, avec la présence de dimensions humoristiques et poétiques spécifiques, comme dans n’importe quelle autre langue !

Pourtant, alors que la LSF naît au XVIII ème siècle, elle a longtemps été combattue et même interdite en France, et ce surtout à l’école où on interdisait aux enfants sourds de signer et où on les obligeait à oraliser. Il a fallu attendre les années 90 pour qu’elle soit autorisée à l’école, et 2005 pour qu’elle soit enfin reconnue comme une langue à part entière ! Un long chemin donc, pour cette langue qui n’a été officiellement acceptée que très récemment.

Notons malgré tout, que sur 500000 personnes ayant une surdité sévère ou profonde en France, ce sont 200000 personnes qui utilisent la LSF.
Ce n’est effectivement pas la seule manière pour les sourds de communiquer, ce choix appartient à chacun. Certains, parfois évoluant parmi des entendants, choisissent d’oraliser et de lire sur les lèvres ; d’autres font le choix d’être appareillés ; chacun selon ce qui correspond le mieux à ses envies, ses besoins et son environnement.

Pour aller plus loin …